samedi 30 août 2025

Athènes, 23 juin 2025 (les MIB au pied de l’Acropole)

Comme, prévu initialement, nous avons le plaisir de vous faire partager le compte rendu du concert d'Athène. Un très grand merci à notre amie Anne-lu pour la qualité exceptionnelle des photos. Ce n'est pas la première fois que notre camarade du blog nous propose un tel "retour" de concert et, cette fois-ci encore, elle a eu la gentillesse de nous faire  parvenir ses clichés et son texte afin de les publier sur notre blog.

Ce concert était unique et grandiose pour sa dimension à la fois esthétique et historique. Cela aurait presque mérité un enregistrement vidéo officielle de la part du staff in black. Mais, dans l'immédiat, nous vous laissons savourer ce compte rendu et nous vous disons à bientôt. Nous avons le projet d'aller voir en coulisse comment se prépare une tournée des Stranglers.

 

Dimanche 22 juin. Je m’engouffre dans le métro frais, direction Monastereki. J’ai loué une « twiny room with a big terrace », pas loin du théâtre antique Herodeion où jouent demain soir the MIB. Au pied de l’Acropole quand on y pense… un mélange des genres tout à fait surprenant et que je ne pouvais évidemment pas manquer !

Enfilant un dédale de petites rues blanches, je me glisse dans une foule de touristes nonchalants. C’est le quartier de Plaka. Il me semble comme bien souvent, que mon GPS s’affole et que je passe et repasse devant les mêmes maisons… Le labyrinthe du Minotaure version grecque sans doute….

Enfin je grimpe peu à peu vers le tout petit quartier d’Anafiotika, le plus vieux quartier d’Athènes, celui qui nous ramène aux petites maisons de chaux blanche des Cyclades. Je loge juste en dessous et je ne pouvais pas rêver meilleur emplacement, bonne pioche !
Je prends la clé à la taverne voisine. Je serai à Athènes pour 3 jours.

Lundi 23 juin. A 10h du matin il fait déjà très chaud dehors. Une chaleur sèche, brûlante, qui te tape sur le crâne. Une lumière blanche, crue, qui te fait plisser les yeux. Les tavernes installent déjà les tables qui courent le long des marches de la ruelle en pente. A chaque ombre sur le pavé un chat s’étire langoureusement. Ils sont partout dans la ville et depuis si longtemps. Ce serait des marchands d’Egypte qui les auraient introduits, dès le Vème s. avant JC.

17h- Réunion de famille dans un café de la place Acropolis, au pied de l’Odéon d’Herodes Atticus.

J’y retrouve les amis français, belges et anglais. Joyeux mélange mélomane. Après d’âpres discussions avec la serveuse sur comment diviser la note, c’est maintenant l’heure de remonter la large rue Dionysiou Areopagitou.

A l’entrée de l’amphithéâtre on ne peut s’empêcher de lever les yeux vers le ciel, pour contempler ces arches de plus de 28 mètres de haut, qui ce soir serviront de decorum aux MIB. Du haut de ces remparts, 2000 ans vous contemplent… Majestueux !

On entre dans le calme, pas de fouille, ce qui à chaque fois me fait penser que « du coup, peut-être aurai-je pu entrer avec mon appareil… 

Si mes calculs sont bons, je suis bien placée. Première colonnade à gauche, côté JJ et Jim, 5ème rang. Et dans cette architecture parfaite, où que vous soyez assis, c’est la scène que vous verrez et non le crâne du type assis devant vous et où que vous soyez placés, le son sera exceptionnel !

Nous voici séparés les uns des autres, assis sur ces gradins faits du même marbre que celui du Parthénon, excusez du peu. Chaque place est délimitée par un coussin de skaï blanc, très confortable.

Quel décor somptueux !  Quelle expérience de pouvoir vivre un concert de rock dans un espace aussi impressionnant ! Presqu’irréel !

Si les fidèles se retrouvent, se congratulent, le public est étonnant car très hétérogène. Les t-shirts de The Stranglers se mélangent à ceux des Doors ou de Bob Marley et les chemisettes Lacoste tiennent le bras de quelques robes de soirée ! des abonnés à l’année sans nul doute, qui profitent de chaque spectacle dans ce lieu magique.

Petit à petit le bleu de la nuit s’étend sur nous et une musique monte dans l’air frais. Fini J.Dutronc et les cactus, bonjour à E.Piaf qui ne regrette rien. Belle entrée en matière. Les remparts du fond de scène s’éblouissent peu à peu des jeux de lumière. Quelle vision unique ! 


Entrée en scène.

TOILER  annonce la couleur et donne le ton.

Plus tard c’est le SONGE D’UNE NUIT D’ETE, un morceau que j’apprécie tout particulièrement et qui résonne d’autant mieux sous le ciel étoilé d’Athènes…

BREATHE, ce fragile aveu plein d’élégance et de fraîcheur a peut-être un peu perdu de son étrangeté à force d’être joué et écouté. Mais quoi qu’il en soit, ce morceau garde son état de grâce.

Et dans ce public disparate, qu’on voyait plutôt néophyte et curieux, on retrouve des fans grecs, rompus aux effets sur PEACHES ou ALWAYS THE SUN. Mais ici, pas de gestes suspects d’adoration au soleil, bras levés… oufff…

Baz a toute la place pour déambuler, disparaître à droite pour mieux revenir à gauche, surgir entre Jim et Toby, sautiller, grimacer, bref occuper la scène. Aujourd’hui c’est lui qui nous sert  des jeux de jambes à répétition. Chacun son tour...

Claps de fin puis claps de rappel. Ici on ne défonce pas le sol antique à coups de docs, on tape dans ses mains ; ça fonctionne très bien aussi…

Pendant ce court intermède, un lutin descend des tribunes pour virevolter sur le damier noir et blanc du parvis. La sécu vient assez mollement lui demander de partir mais le voilà déjà rejoint par un compère en kilt et puis un autre et encore un autre… La sécu semble un peu dépassée et déjà les MIB reviennent sur scène. Baz prend le micro pour souligner qu’il est quand même drôlement dommage d’avoir un parterre vide alors que c’est quand même fait pour un public. Ainsi peu à peu, attirés par la mélodieuse voix d’un joueur de flûte, plein de petits rattus norvegicus descendent les uns après les autres pour danser. C’est WALK ON BY et cette fois-ci, le morceau n’est pas une ode mélancolique, bien au contraire !

#!
=>"WALK ON BY - Athenes, 23 juin 2025" sur Odysee<=

De son côté JJ semble un peu mitigé… Après tout, nous sommes dans un lieu mythique, historique, nous sommes chez un très vieux monsieur…. Comment cela va-t-il finir ?!
Et déjà dans l’oreillette secrète de Baz une voix lui intime de ramener le calme en demandant à tous de remonter s’asseoir. Il va même jusqu’à dealer l’affaire en promettant de jouer un peu plus que prévu… Come on ! come on ! 

Ils ont de la chance les MIB car ici le public est in a good mood tonight. Pas d’histoire, chacun regrimpe dans les hauteurs.

Mais finalement, cela aura été la petite touche en plus qui a fait de cette soirée quelque chose d’encore plus à part…


AnnLu Fossier

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