samedi 7 mars 2026

Plongée dans l'âge d'or des fanzines : Franck Legrand, mémoire vivante des Stranglers

Dans les années 80, avant les réseaux sociaux, les newsletters instantanées et les lives Instagram, quelques passionnés faisaient vivre en France une scène musicale exigeante et artisanale. Parmi eux, Franck Legrand : à 15 ans, une claque monumentale reçue en écoutant Rattus Norvegicus, puis l'engagement total dans l'aventure du fanzine Black and White (1982-1986), suivi de La Folie.

Plus qu'un simple fan, il devient un acteur de l'écosystème Stranglers : rencontres avec JJ Burnel dans les brasseries parisiennes, tournées suivies dans le bus du groupe, collection de disques japonais traqués à travers le monde… Cinquante ans plus tard, Franck Legrand se souvient d'une époque où la patience était une vertu, où chaque information circulait par la poste. Une plongée nostalgique dans l'univers passionné d'un fandom pré-numérique.

 

Franck, nous sommes très heureux de t’accueillir sur notre Blog. Tu as été dans un passé lointain, un passé qui nous fait remonter jusqu’aux années 80, l’un des animateurs d’au moins deux fanzines consacrés aux Stranglers. Tu as d’abord participé à l’aventure de Black and White (9 numéros entre Février 82 et novembre 86) puis tu as pris le relais en lançant « La Folie ». Peux-tu, pour commencer cette interview, nous re situer le Franck Legrand de l’époque : tu faisais quoi à cette époque et comment as-tu découvert les Stranglers ? 

J’avais 15 ans et j’étais un lycéen vivant en région parisienne. J’étais passionné par le football et la musique. Enfant je passais beaucoup de temps avec mes oncles qui me faisaient écouter les Stones, Pink Floyd, Animals, Les Beatles et des tas d’autres groupes venus des USA et d’Angleterre. Avec eux j’ai aussi « bouffé » du Polnareff pendent des années, je connais tout son répertoire par cœur pratiquement. J’adorais regarder les pochettes de leurs vinyles. C’était magique pour moi. Tout ça me fascinait énormément. Le virus de la collection courait déjà dans mes veines. 
En gros mon univers tournait principalement autour de la musique, mes copains, les OVNI, le foot et les flippers. Je jouais dans les bars après les cours. Je me débrouillai plutôt bien et je revendais mes parties gratuites pour me faire un peu d’argent. Je garde d’excellents souvenirs de cette époque. 
Pour les Stranglers, tout a commencé un après-midi quand mon meilleur pote de classe qui revenait d’un séjour à Londres me propose de passer chez lui pour me faire écouter ce qu’il avait rapporté. Je n’avais aucune idée de ce que j’allais entendre. On discute un moment de ses vacances à Londres et il pose sur sa platine le premier 33t d’Ultravox. Je trouve cette musique très novatrice avec un style que je ne connaissais pas. Les titres s’enchaînent, j’accroche vraiment bien. Il met ensuite « Rattus Norvegicus » des Stranglers. Il me dit que ça cartonne fort en Angleterre et qu’il n’écoute plus que ça. Et là, crois moi Stephane, je prends une claque monumentale. J’ai accroché immédiatement. Je n’avais jamais ressenti une émotion pareille pendant l’écoute d’un disque. On le passe plusieurs fois, cet album me rends dingue, mon cerveau est en surchauffe car j’essaie d’y stocker toutes les mélodies pour ne pas les oublier. La pochette que je garde sur mes genoux pendant l’écoute m’intrigue. Je les trouve beaux ces étranges musiciens. Je me souviens être rentré chez moi complètement chamboulé. Je savais que dorénavant ce groupe aller changer ma vie. Ce fut une véritable révélation pour moi. Le lendemain je file direct à la Fnac Montparnasse acheter le disque en import et je n’écoute plus rien d’autre. Je me passe l’album en boucle. Je vis Stranglers dorénavant. Je mange Stranglers, je rêve Stranglers, je respire Stranglers, mes proches s’interrogent. Je suis heureux ! Avec l’argent de poche que me donnent mes parents j’achète tout ce qui concerne le groupe, disques, magazine, posters, badges. C’est une véritable histoire d’amour qui s’installe ! Je suis prêt à tout sacrifier pour connaître et suivre le groupe. Je fais connaître les Stranglers à tous mes proches et mes amis et j’en converti beaucoup. Un vrai prosélyte. Voilà ça a commencé comme ça, je dois dire que je reste nostalgique de cette période. Les Stranglers m’accompagnent depuis maintenant plus de 50 ans.

 

Tu as pu créer facilement des liens avec le groupe et plus particulièrement avec JJ ?
 

J’avais déjà aperçu JJ Burnel lors du concert des Stranglers au Palace en 1979 et j’avais essayé de les voir quand ils enregistraient « The Raven » dans les studios Pathé Marconi à Boulogne mais sans succès. J’ai enfin fini par rencontrer le groupe à Paris en 1983, ils enregistraient alors une session live pour France 3. L’ album « Féline » venait de sortir et ça marchait pas mal chez nous en France. On entendait souvent « European Female » et « MSD » sur les ondes. La rencontre s’est passée dans une petite brasserie proche du studio dans le 19éme arrondissement. Le groupe, tout en noir, très concentré était au fond de la salle. J’étais avec des copains du fanzine « Black and White ». Certains d’entre eux connaissaient déjà les membre du groupe car ils avaient suivi leur tournée l’année précédente. Ils m’ont présenté, je me souviens que j’étais en stress total, très intimidé car je voyais mes idoles en chair et en os pour la première fois. On a discuté un moment, JJ s’est montré le plus avenant des 4. J’avais noté que les autres membres s’intéressaient moins à nous, la barrière de la langue probablement. Peut-être qu’on les dérangerait aussi car ils me paraissaient très concentrés.
Plus tard à l’occasion d’une tournée promotionnelle à Paris, JJ nous a proposé de venir le voir à leur hôtel place de la République pour échanger sur le fanzine « Black and White ». JJ était très intéressé pas notre aventure et le fait qu’un petit groupe de Français publie une revue sur le groupe paraissait vraiment l’intéresser. Je peux te dire qu’il a toujours été d’un grand soutien, très professionnel, toujours disponible et force de proposition quand il le fallait. Avec le temps, j’ai noué une relation très amicale avec JJ, on se voyait souvent ici ou chez lui en Angleterre. 

J’ai beaucoup d’estime pour lui car malgré son statut de star il est toujours resté humble et proche des gens. Une image très éloignée de celle qu’il pouvait renvoyer parfois. Je remarquais aussi chez lui une grande force et une totale maîtrise intérieure, le résultat d’années de sport de combat probablement. Je me souviens aussi avec beaucoup d’émotion de Dave, un gars extrêmement gentil, courtois et toujours le sourire aux lèvres. Je le voyais parfois quand j’étais avec JJ, il trimballait en permanence sa fameuse sacoche en bandoulière. C’était drôle. 

Une fois pendant la tournée française d’ « Aural Sculpture », j’étais assis en face de lui et de sa compagne Pam dans le bus du groupe pendant le transfert vers Montpellier. Il avait passé plus d’une heure à casser des œufs Kinder Surprise qu’il sortait de sa sacoche juste pour assembler les gadgets avec dextérité. Un personnage incroyable de talent et de simplicité. J’ai eu très peu de relations avec Jet et Hugh, juste des échanges polis lorsque je les côtoyais. J’avais un peu peur de Jet ! J’ai souvent trouvé Hugh assez détaché et distant. Il passait pour l’intello du groupe, je me souviens qu’il lisait beaucoup.

 

Aviez-vous une totale autonomie à propos des sujets traités ? Aujourd’hui, et depuis maintenant près de 13 ans, c’est le cas pour notre blog.

Oui on avait une totale autonomie sur les sujets qu’on traitaient. Parfois JJ nous filait quelques idées ou suggestions et on en discutait entre nous. Il nous tenait toujours informés sur l’actualité du groupe. A l’époque les réseaux sociaux n’existaient pas et il fallait aller à la pêche aux infos. On avait aussi de bons rapports avec des gens du « business » et ça nous permettait de pouvoir entrer en relation avec d’autres artistes et d’assister aux concerts.

 

Les Stranglers avaient leur propre fanzine, aviez-vous des liens avec vos homologues ?

Je dirais qu’on fonctionnait plutôt en entente cordiale. Sans vouloir parler de compétition on sentait que parfois la cohabitation était difficile. Le manager du fanzine Anglais « Strangled »,  le frère de Jet Black n’était pas très coopératif. 
Avec le temps on a pu installer une relation plus stable mais JJ a beaucoup œuvré pour ça, il devait souvent intervenir pour régler des petits litiges, notamment sur la vente de marchandise du groupe sur la France et la distribution de « Black and White » en Angleterre. On avait par contre d’excellents rapports avec les rédacteurs de Strangled. On se voyait d’ailleurs assez souvent pendant les concerts du groupe. 

Pour ma part j’ai aussi longtemps entretenu d’excellentes relations avec des collaborateurs du fan club Japonais SIS Japan. On échangeait pas mal d’informations. Ils m’envoyaient les nouveaux pressages Japonais des Stranglers. 

Je les ai accueillis chez moi aussi quand ils ont passé des vacances à Paris. J’ai encore parfois des contacts avec eux. Je les apprécie beaucoup. Ils ont beaucoup de mérite aussi car ils sont très éloignés du groupe. 

Connaissant JJ je pense qu’il doit leur consacrer un peu de son temps lorsqu’il est au Japon. Il me semble qu’on avait entretenu un contact épistolaire avec le fan club Grec du groupe à l’époque de « Dreamtime ».


La création d’un fanzine « couleurs » en format papier glacé exige une logistique, un savoir-faire et des moyens financiers qui ne relèvent pas d’une simple photocopieuse et d’une boite d’agrafes ! Comment s’est organisé votre travail sachant toute les contraintes financières et matériel pour sortir un tel fanzine qui ressemblait davantage à un véritable magasine ?

La gestion d’un fanzine n’est effectivement pas de tout repos, je me rappelle qu’il fallait s’investir beaucoup, se déplacer souvent, prendre du temps pour nous voir, discuter de sujets que l’on voulait mettre en avant, imaginer la pagination, concevoir la maquette. 
On avait aussi la gestion des abonnés et la diffusion du fanzine qui nous prenait beaucoup de temps et d’énergie. Il faillait répondre aux courriers des abonnés, s’assurer de la bonne diffusion du fanzine dans les boutiques parisiennes, en province et à l’étranger grâce à notre réseau d’abonnés partenaires. On avait la chance d’avoir un ami imprimeur, ce qui nous a bien aidé. Cela nous permettait de réduire nos frais financiers.

 

La diffusion hors abonnement se déroulait comment ? Et d’ailleurs as-tu en tête quelques chiffres sur le niveau des abonnements ?

On tirait entre 1000 et 1500 exemplaires de chaque numéro si mes souvenirs sont bons. On devait avoir à peu près 300 abonnés à qui il faillait envoyer le fanzine par la poste. Beaucoup d’exemplaires étaient en vente dans des boutiques de disques et des librairies. Certaines exigeaient un pourcentage sur les ventes, il fallait souvent négocier. 
Les Stranglers nous avaient aussi autorisé à vendre le fanzine pendant les concerts, c’était génial car cela nous permettait d’étendre notre diffusion, de rencontrer des abonnés et d’assister à tous les « sound-check » du groupe. On a aussi permis à beaucoup d’abonnés de pouvoir rencontrer le groupe backstage lors des concerts et ça c’était vraiment sympa. On a beaucoup vendu à la sortie « d’Aural Sculpture » car le groupe, qui rencontrait un beau succès en France et en Europe nous avait invité à suivre toutes les dates de la tournée. Rien qu’au Zénith à Paris je me rappelle que nous avions vendu près de 200 exemplaires de Black and White. 
Mais je dois t’avouer que malgré les bonnes ventes du fanzine, il a souvent fallu qu’on mette la main à la poche. Mais cette aventure restera pour moi une expérience exceptionnelle.

 

Pour « La Folie », tu as pris la décision de continuer l’aventure avec quelles perspectives ? Tu avais d’autres idées en termes de développement ?

Au bout de quelques années de « Black and White » l’entente dans le groupe s’est progressivement dégradée et certains n’avaient plus la motivation nécessaire pour continuer. Je sentais bien que cette belle aventure touchait à sa fin. 
D’un commun accord on a pris la décision d’arrêter « Black and White ». Avec ma compagne qui participait aussi au fanzine on a décidé de prolonger l’aventure avec la création de « La Folie ». Mon souhait était de pouvoir mieux coller à l’actualité de groupe et d’incorporer plus de sujet sur les disques rares. On hésitait sur le nom du fanzine, on savait que c’était un peu fou de vouloir relancer un nouveau fanzine alors on l’a appelé « La Folie ». 
On avait obtenu du staff Français de CBS EPIC que les coordonnées du SFIS soient imprimées au verso des LP, singles, CD et cassettes de « All Live and all of the night ». Ce gros coup de pouce nous a permis de doubler le nombre d’abonnés en quelques semaine. Mais on a seulement réussi à publier deux numéros. 

JJ nous aidait toujours énormément mais la pression financière devenait trop forte. Les frais d’impression avaient beaucoup augmenté, les diffuseurs demandaient aussi des marges plus importantes. A contre cœur et par manque de moyens il a fallu nous résoudre à stopper la parution. Je sais que beaucoup ont regretté l’arrêt du fanzine et j’ai longtemps culpabilisé sur ce point.

 

J’ai encore en mémoire ce numéro spécial sous la forme d’un poster et qui proposait une interview fleuve de JJ ! Un numéro exceptionnel à tout niveau. Tu peux nous parler de ce projet original ?

Oui Stéphane, je crois même que c’est devenu un Collector de nos jours, j’en ai vu quelques-uns se vendre à bons prix sur eBay. Pour te dire je n’en ai même pas un exemplaire chez moi. C’est le numéro qui s’est le plus vendu. Il a été épuisé très rapidement et on avait même songé un moment à le rééditer. 
Nous voulions consacrer un numéro spécial à JJ car nous entendions de plus en plus de rumeurs autour de l’enregistrement d’un nouvel album solo. Tout ça nous excitait forcément. On voulait aussi profiter d’un passage de JJ à Paris pour en parler avec lui. Il a immédiatement accepté. Pour nous c’était aussi une belle occasion de le remercier pour son aide de tous les instants. 
Après l’interview on a réfléchi à la maquette du numéro avec l’imprimeur et on a eu l’idée de sortir le fanzine sur un format original avec un grand poster de JJ au verso. On était assez fier ne nous au bout du compte. J’en profite pour te demander Stéphane de relayer auprès des abonnés du blog que je suis à la recherche d’en exemplaire en bon état de cette publication.

 

Tu as eu un retour du groupe et des fans à la sortie d’un tel numéro ?

Non pas de retour du groupe à ma connaissance. Je me demande parfois ce qu’en ont pensé les autres membres du groupe. Même si je sais que JJ n’aimait pas se mettre en avant, j’aime l’idée qu’il ait apprécié ce numéro inédit.

 

Tu as également, au fil du temps, acquis une très belle collection de disques, notamment japonais me semble-t-il. Tu es devenu un collectionneur assez rapidement ?

Oui, d’abord j’ai toujours eu une âme de collectionneur et depuis le premier jour où j’ai connu les Stranglers j’ai vite ressenti le besoin de me procurer tous les disques du groupe, quel que soit le pays de pressage. Ça peut paraître irrationnel mais je ne voyageais que pour dénicher des disques rares et exotiques des Stranglers. J’ai par exemple traversé tout Bangkok pour trouver les pressages locaux du groupe. Ainsi après quelques années j’avais acquis une collection assez impressionnante. Je rendais jaloux de grands collectionneurs anglais du groupe car je possédais pratiquement tous les disques rares pressés en Amérique du Sud, au Japon, aux USA, etc. 
J’avais par ailleurs un bon contact avec un dealer de disques en Angleterre Greg Vandick qui me fournissait une bonne partie des raretés du groupe. Ce gars était bien introduit dans l’industrie du disque, ce qui lui permettait d’avoir de belles choses à vendre. J’ai appris récemment qu’il était décédé il y a quelques années. Je me souviens aussi avoir possédé un magnifique disque d’or du groupe qui avait été remis à Andrew Lauder, premier manager du groupe je crois.
Les chefs de produits du groupe chez EMI et CBS m’ont refilé pas mal de belles choses. J’en ai offert et partagé beaucoup. On parlait aussi beaucoup des raretés dans le fanzine. Cette rubrique plaisait beaucoup et on recevait énormément de courriers sur le sujet. J’ai revendu une grosse partie de cette collection il y a une vingtaine d’années. J’ai principalement conservé les pressages Japon et Français et des dédicaces. Je me souviens avoir acheté des copies neuves des pressage France de « 5 minutes » et « Walk On By » chez mon disquaire lorsqu’ils sont sortis ici. Ce sont des Mega raretés maintenant. Je vais très souvent au Japon et à chaque fois j’en profite pour rapporter des disques du groupe, c’est plus fort que moi ! C’est pathologique !

 

Tu as eu accès à certaines pièce rares grâce aux groupes ? Où même un certain nombre d’enregistrements rares ?

Non et je le regrette un peu aujourd’hui. J’aurais pu le demander à JJ quand je le voyais et ce n’est pas l’envie qui manquait comme tu peux l’imaginer mais je ne voulais pas l’ennuyer avec ça. Pareil pour les photos, je n’ai dû en prendre qu’une avec les Stranglers et une autre fois j’avais demandé à JJ qu’il pose avec le fanzine dans les mains. 

Par contre, quand parfois nous roulions dans la campagne anglaise, il arrivait que JJ passe des cassettes et il s’agissait peut-être de morceaux en préparation. 
Je reconnaissais un peu le son et la production de JJ. Il attendait peut-être que je donne mon avis sur ce qu’on était en train d’écouter. Je me souviens aussi avoir entendu « Let me down easy » peu de temps avant sa sortie officielle. Une autre fois JJ m’a donné une cassette en me disant t : « Tiens c’est pour toi tu écouteras ça à l’occasion ». A mon retour en France je me suis jeté sur mon lecteur. La cassette comportait 2/3 d’instrumentaux du groupe dans la lignée de « burnham beeches », rien de fracassant mais des inédits. Un vrai trésor que j’ai rapidement perdu. C’est dommage, je voudrais tellement remettre la main dessus pour écouter ça aujourd’hui.

 

As-tu une préférence pour certains disques du groupe, y compris les plus récents ?

Ta question est franchement délicate. Allez je me lance, pour moi le meilleur album c’est « Black and White ». Tellement puissant ! Les Stranglers ont mis toute leur force et leur rage dans cet enregistrement. Je peux l’écouter tous les jours avec le même plaisir. « Nice’n’ sleasy » m’a rendu dingue. Même les faces B sont de grande qualité. La reprise de « Walk On By » est un vrai bijou. Je n’oublie pas la production de M. Rushent qui est exceptionnelle.
Sinon, je trouve que « The Raven » est un très grand album. Les deux premiers titres qui s’enchaînent sont complètement démentiels. Après pour être honnête il m’a fallu plus de temps pour apprécier « la Folie » et « MIB ». J’ai beaucoup moins apprécié la période avec Paul Robert car j’avais beaucoup de mal avec sa voix. Par contre « About Time » est assez réussi à mon goût. J’aime beaucoup ce que le groupe produit maintenant, notamment. « Dark matters » qui m’émeut beaucoup pour des raisons très personnelles. Je me réjouis par ailleurs qu’un nouveau public plus jeune suive le groupe aujourd’hui. Baz a beaucoup apporté au groupe.

 

Côté concerts, tu as dû en voir beaucoup. Quel est ton meilleur souvenir ?

J’ai pu assister à des dizaines de concerts du groupe depuis 1979. Je retiendrai surtout le concert au Palace pour « The Raven », le concert à Paris pour promouvoir « Féline », et leur unique passage au festival Elixir en Bretagne. J’ai raté leur passage au théâtre d’Epidaure à Athènes l’année dernière, je vis près de Thessalonique maintenant. 

 

Tu as pu suivre le groupe en tournée ?

Oui, la tournée Française après la sortie « d’Aural Sculpture ». Avec l’appui de JJ on a eu le privilège de suivre la tournée étape par étape en voyageant dans le bus du groupe. On avait avec nous des cartons de Fanzines. 
On a fait une dizaine de dates avec Les Stranglers et chaque soir on préparait notre stand pour la vente après le concert. On avait sollicité nos plus fidèles abonnés en région pour qu’ils nous filent un coup de main. Quand on le pouvait, on faisait en sorte qu’ils puissent rencontrer les membres du groupe. Le plus souvent c’était JJ qui venait spontanément nous voir. Pour nous c’était aussi très excitant de partager ces moments avec nos abonnés et lecteurs. 
J’ai encore des souvenirs très vivaces de cette tournée avec le groupe. J’ai beaucoup d’anecdotes en tête. Je peux t’assurer que partager l’intimité du groupe pendant plusieurs jours, c’est une expérience incroyable et inoubliable.


Pour finir, que retiens tu de cette époque qui voyait fleurir une multitude de fanzines ? Une époque sans internet ni téléphones portables et où le temps, notion certes relative, s’écoulait autrement ou plus lentement pour ceux qui attendait fébrilement le retour par courrier d’une information du SIS ?

Il faut reconnaître que les moyens de s’informer et communiquer aujourd’hui sont extraordinaires et bien pratiques. L’actualité nous est fournie en temps réel et les messageries nous permettent d’échanger instantanément. Auparavant il fallait que tu attendes que l’information te parvienne, tu n’avais pas le choix donc la patience s’imposait. 
Les échanges avec nos lecteurs et abonnés se faisaient principalement par courrier donc tu restais tributaire des délais d’acheminement des services postaux internationaux. La tolérance était aussi une vertu je pense. L’appréciation du temps était franchement différente. Pour l’anecdote, tu sais que plusieurs fois JJ nous a envoyés des infos sur l’actualité du groupe par courrier, ça serait impensables de nos jours. 
En tout cas, merci pour cet échange Stéphane qui m’a permis de me replonger dans des moments savoureux de mon existence et bravo pour ton investissement à faire vivre ce blog. C’est un beau projet que je place dans le prolongement de ce qu’on a pu réaliser avec les revues Black and White et La folie. Toute mon amitié à tes lecteurs. Certains d’entre eux étaient peut-être déjà lecteurs de Nos Fanzines comme toi Stéphane. D’autres nous ont peut-être croisé pendant les concerts.


Merci Franck, cet échange m’a fait remonter également dans le passé. Une belle époque également pour moi A partir de 1982, ce fut le début d’une passion qui comme pour toi, ne s’est jamais étiolé avec le temps.

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