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The Classic Collection: à l’occasion de la tournée française 2017, Stranglers-France organise un jeu concours

vendredi 13 octobre 2017

No More Heroes (mais encore des étrangleurs)

Sorti en septembre 77, le frère jumeau de « Rattus Norvegicus » grimpe directement à la seconde place dans les charts. Doté d'une superbe pochette conçue par un dénommé Paul Henry, les Stranglers gravent alors une nouvelle pierre tombale dont la moitié des titres avaient déjà été enregistrés en début d'année lors de l'élaboration de leur premier jet discographique. 
« No more heroes » est donc un vrai faux second disque, qui échappe par bonheur au  piège fréquent du second tir hors cadre.  

Cette nouvelle galette mortuaire reprend donc une partie des titres orphelins de « Rattus » avec toujours à la production Martin Rushent et Alan Winstanley comme ingénieur du son.  Pour cet enregistrement conçu sur deux périodes de la même année,  le groupe garde le cap mais avec l'apport original sur le plan vocal de Dave Greenfield qui, le temps de deux titres,  s'époumone de façon délicieusement  inquiétante. (« Peasant in a big shitty » et « Dead ringer »). Malheureusement, cette initiative originale se perdra avec le temps, notre homme qui supporte mal sa propre voix, préférant retrouver ses fourneaux numériques à plein temps.

Sur « No more heroes », les Stranglers alignent donc 11 titres avec un partage très large des voix (5 pour Hugh, 4 pour JJ et 2 pour Dave).
La face A débute par  le très controversé « I feel like a wog » qui voit un Hugh plein de colère rentrée, déclencher les hostilités. L'intro de ce titre qui ouvre l'album, caractérise la place centrale occupé par le binôme Basse / Claviers, duo instrumental qui constitue définitivement la marque sonore du groupe.
Hugh témoignera également le temps d'un très mélodique et touchant « English town » de son immense talent de chanteur.
Sur le rappeux « Bitching » et le rugueux « Burning up time » , JJ  fait tourner le moteur Stranglers à plein régime le temps de rappeler à tous que son groupe  n'a pas besoin d'épingles à nourrice pour savoir faire aussi du bruit !
Petit clin d'oeil  également de ce dernier à un de leur fan qui eut l'idée saugrenue et tragique de descendre sans rappel sur Tower Bridge et qui donnera quelques mois plus tard le célèbre « Dagenham Dave ». Mélodique et entraînant , ce titre mériterait d'être joué  plus souvent.

Il convient également de citer les deux singles extraits, à savoir l'hymne légendaire « No more heroes » et le très basique « Something better change ». Ces deux chansons portées par Hugh et JJ restent intemporelles et valideront  d’ailleurs le succès -y compris commercial- des Stranglers. Ce « couplé » gagnant témoigne également de la complémentarité vocale des deux hommes qui, tout au long de leur carrière commune au sein du groupe, se partageront avec un égal succès les futurs singles.

Mention spéciale pour le très scabreux « Bring on the nubiles » que n'aurait pas renié Marc Dorcel et sur lequel Dave s'autorise une très orgasmique envolée synthétique.
Mention premium pour trois titres « Dead Ringer » , « Peasant in a big shitty » et « School mam » qui permettent à Jet de donner un aperçu de son jeu tout en ouvrant d'autres perspectives musicales au groupe. Incontestablement les trois  temps forts de ce disque qui le rendent moins classique, moins linéaire dans sa construction que le précédent.

En conclusion, ce second album que l'on pourrait considérer comme l'excroissance finale de « Rattus » est une réussite , réussite qui fixera  d'ailleurs les Stranglers comme une formation reconnue d'abord et avant tout par le public. 
Ils remplissent des salles de plus en plus grandes et vendent par palette leurs disques en dépit d'un évident et assez détestable boycott des médias dominants.
Il faudra faire avec... Les Stranglers contrairement à d'autres , ne sont pas des marionnettes customisées par un mécène ou un quelconque commissaire politique.


Pour le groupe le temps de voguer vers d'autres horizons est désormais nécessaire. Le temps de Black and White est venu. Radical et sans compromis, les Stranglers poseront alors sur ce nouveau pavé mosaïque les jalons d'une nouvelle épopée. Un nouveau cycle qui s'annonce immensément prometteur ...

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Que deviendrais je sans vos précieuses informations je ne veux plus être incinéré jveux la même pierre tombale yeah! Feline