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jeudi 21 mai 2015

Baz Warne : "Je n'aurais pas rejoint les Stranglers si j'avais été un putain de moine !"

Nous avons le plaisir de vous proposer une interview de Baz Warne. Une fois encore Baz a été très attentif et très disponible pour répondre à notre sollicitation. Un grand merci à lui car il était particulièrement occupé au cours de ces 15 derniers jours !

Vous le retrouverez à nouveau prochainement sur notre blog, car cet entretien se décompose en deux parties : 
  1. une interview 
  2. un Top 10 de ses albums préférés (du moment)
À bientôt et encore merci pour votre fidélité !


- La dernière tournée des Stranglers a connu une nouvelle fois un grand succès. Chaque année, vos fans sont au rendez-vous. Existe-t-il encore une salle , une ville ou un endroit où vous n’avez jamais joué en Angleterre ? Un endroit  qui pourrait relever d’un challenge pour vous ou qui pourrait constituer un pari de par son aspect atypique ?
Pas vraiment, non. Cependant, Il y a plein d'endroits fantastiques où jouer dans le monde entier que je ne connais pas encore... la Chine, l'Amérique du sud. On a fait le Royal Albert Hall, il y a deux ans, il n'y a pas d'endroit plus célèbre ou qui représente plus un challenge que celui-là en Angleterre !

- La dernière set list a permis de redécouvrir en concert des titres rares, comme « Ice », « The man they love to hate » ou « Four horsemen » . Qui élabore la set list ? Avez-vous une méthode particulière ? Chacun choisit-il « ses » titres ?
JJ et moi faisons habituellement la set list ensemble. C'est lui qui a suggéré de faire « Four Horsemen » et « The Man they Love to Hate » et moi qui ai proposé « Ice »... si quelque chose se passe dans les semaines précédant les répétitions, vous le dîtes aux autres. Dave jouera à peu près tout ce qu'on lui proposera, à moins qu'il n'aime vraiment pas et à ce moment, il le dira... ça fonctionne assez bien pour nous.

- Avec le recul, comment juges-tu la période du groupe avec Paul Roberts (2000-2006) ? Une transition difficile ? Une période intéressante malgré tout ?
Quand j'ai rejoint le groupe, Paul était le chanteur... et c'est ce qu'il avait été, pendant les dix dernières années. J'ai juste essayé de me couler dans le moule du mieux que j'ai pu en tant que guitariste. Je pensais que John Ellis était un bon guitariste mais pas nécessairement un guitariste pour les Stranglers, tu vois ? Je voulais faire de mon mieux et essayer de jouer les choses un peu plus de la manière dont je pensais qu'elles devaient être jouées. J'étais très ami avec Paul et nous travaillions bien ensemble au début. J'ai fait 2 tournées solo avec lui et nous nous voyions parfois en-dehors du travail également. On a aussi fait « Norfolk Coast » avec lui et beaucoup de gens l'ont vu comme un tournant dans la carrière du groupe, en 2004. Ça s'est bien passé pendant un moment... la manière dont ça s'est arrêté avec Paul était triste mais inévitable.

- Tu partages le chant avec JJ. C’est une bonne chose pour les fans qui ont toujours considéré que les Stranglers c’est avant tout deux voix , aussi bien sur disque que sur scène. Après le départ de Paul, vous avez repris vos chansons respectives sauf « Norfolk coast ». JJ l'a chantée au début et maintenant c'est toi, pourquoi ce changement ?
Juste parce qu'on pensait que je pouvais en tirer un meilleur parti. JJ n'était pas satisfait de la manière dont il la chantait et il m'a demandé si j'aimerais essayer... Il y a plein d'exemples dans l'histoire du groupe où la personne qui a écrit une chanson ne la chante pas nécessairement. Nous faisons ce qui marche le mieux.

- Tu es considéré par l’immense majorité des fans comme l’homme du retour. Tu symbolises le renouveau du groupe tant au niveau des compositions que du jeu de scène. De ton côté, as-tu eu le sentiment de devenir un véritable Stranglers relativement rapidement ? Et non pas d’abord le nouveau remplaçant du remplaçant ?
Je ne me suis jamais senti comme un remplaçant et je n'aime pas le terme. Un remplaçant, c'est juste quelqu'un qui rentre en jeu et fait le boulot jusqu'à ce que quelqu'un de meilleur arrive. John Ellis n'était pas un remplaçant, il était celui qui avait pris la place de Hugh à la guitare... et puis, j'ai fait la même chose avec John. Je me suis considéré comme un Strangler dès le début ou je n'aurais pas du tout envisagé de faire partie du groupe. Les autres m'ont accueilli et ont pris le temps pour que je me sente chez moi. John n'a jamais vraiment été accepté par la majorité des fans, bien qu'il soit un bon instrumentiste. J'ai fait de mon mieux pour être aussi bon guitariste que la chanson l'exige et de convenir en tant que personne aussi... ce que j'ai fait.


- As-tu un peu de temps pour écrire et composer pour toi ? Un projet solo est-il envisageable ? Avec peut-être seulement JJ ou Dave à tes côtés ?
Quand tu écris des chansons ou que tu as des idées pour un groupe, toutes les chansons ne vont pas convenir à ce groupe. Parfois, tu vas avoir une idée et tu sauras instantanément que ça ne marchera pas pour le groupe, alors tu la mets de côté et tu penses que, peut-être, quand le jour viendra, si le jour vient, tu pourras l'utiliser pour toi... nous n'avons pas vraiment le temps ces jours-ci pour des projets en solo ou en duo, nous sommes trop occupés. Mais ça ne signifie pas que ça n'arrivera jamais...

- Il y a un son Stranglers, essentiellement marqué depuis le début par le jeu de basse de JJ et les claviers de Dave. C’est un peu comme une marque de fabrique, une empreinte sonore qui avait un peu disparu pendant la période MK II mais qui tend à revenir depuis ton arrivée. Comment fais tu pour composer tout en respectant ce cadre qui reste référentiel dans la démarche artistique du groupe ?
Je pense qu'il y a eu quelques moments où le son caractéristique des Stranglers a disparu durant la période MK I... particulièrement dans les dernières années avec Hugh. Si vous n'aviez pas reconnu la voix du gars qui chantait, vous n'auriez peut-être pas su que c'étaient les Stranglers. Mais ce n'est pas forcément une mauvaise chose. Tous les groupes passent par une phase où ils essaient de tourner autour de leur son et d'essayer différentes choses. Il faut aussi que vous vous fassiez plaisir quand vous êtes dans un groupe, les gens ont tendance à l'oublier. Vous ne pouvez pas faire les choses sans conviction, tout le temps, en répétant la même chose juste pour faire plaisir aux fans. Vous vous transformez en robot si vous le faites. Quand je suis rentré dans le groupe, j'ai essayé de penser à ce qui m'avait fait aimer le groupe au départ... l'aspect agressif, nerveux mais très accessible de leur musique... la puissance... nous aimons jouer avec une puissance contrôlée qui reflète l'âge que nous avons maintenant.

- Tu as sur scène un jeu très énergique tout en respectant à la note près les parties de guitare des titres qui sont joués. Techniquement tu maîtrises parfaitement ton jeu tout en donnant une dimension très physique à tes prestations. Quels sont les chansons que tu aimes le plus jouer sur scène ?
J'aime toutes les jouer... les rapides, les lentes. « Walk on By » est une de mes préférées à la guitare... « Baroque Bordello », « Relentless », « La Folie »...

- Tu donnes souvent des concerts solos en Angleterre, il t'arrive aussi de jouer avec Dave. Pourquoi le fais-tu ? Qu'est-ce que ça t'apporte ?
J'ai toujours donné des concerts solos. Je suis un musicien, pas seulement quelqu'un qui fait partie d'un groupe. Parfois, les Stranglers ne font rien pendant des semaines, voire des mois. Qu'est-ce que je vais faire, alors ? M'asseoir et me tourner les pouces en attendant que les choses redémarrent ? Non, je deviendrais fou. J'aime jouer, pas seulement avec le groupe. J'ai fait des duos acoustiques avec JJ aussi, dans tout le Royaume-Uni. Les concerts avec Dave ont commencé parce qu'on m'a demandé de donner un coup de main pour un concert de charité pour aider une famille qui avait perdu son fils en Afghanistan. C'était un soldat qui vivait dans le village de Dave. J'ai donné mon accord et ça a lieu tous les ans, maintenant... je vais le refaire bientôt avec Dave.


- Quand tu es rentré dans le groupe, les Stranglers étaient un groupe qui avait (encore) mauvaise réputation, est-ce que ça t'a posé un problème d'endosser cette réputation? Est-ce que tu as eu à en « souffrir » après être rentré dans le groupe ?
Ils avaient mauvaise réputation seulement parce qu'ils refusaient les conventions. Ils étaient intelligents, francs et souvent scandaleux... et ils refusaient d'écouter les conneries de l'industrie du disque sur la manière dont ça marche. Mais qui établit les règles ? Qui décide de ce que tu peux dire et ne pas dire ? Faire partie d'un groupe, c'est une plate-forme pour toutes ces choses. J'ai toujours été franc moi-même quand je ne suis pas d'accord avec quelque chose ou que je vois l'absurdité de quelque chose. Je n'aurais pas rejoint les Stranglers si j'avais été un putain de moine !



Crédit photos : Merv Warrilow

3 commentaires:

Anonyme a dit…

merci... belle interview...
youz

Sylvanoff vanoff a dit…

Well Done Friends !

Anonyme a dit…

Encore du bon boulot! Les interviews de Baz en français ne courent pas les rues. Des questions intéréssantes et des réponses qui le sont tout autant! Merci pour votre investissement.
Seb aka fakor