lundi 19 mai 2014

Tournée Française : Le Splendid, Lille - le 19 avril 2014


Alors voilà : n’était-ce pas un risque que d’être, par anticipation, un peu déçu par ce concert joué dans ma ville d’adoption – en province, quoi – dans une salle de capacité moyenne, après avoir pris une belle claque à l’Olympia quelques douze jours plus tôt.
Après avoir passé ces plus de deux heures dans cette salle mythique (putain de mot galvaudé), entouré de potes hautement recommandables (Manu, Fakor...) dont un ami de trente ans (Éric P.). Après avoir assisté à cette tuerie visuelle et auditive (bien retranscrite par la retransmission sur Arte Concerts d’ailleurs), avec un dispositif scénique vachement bien pensé (excellente idée ces cadres-écrans). Oh, je n’avais aucun fantasme sur l’Olympia en tant que tel, j’y étais déjà lors de la tournée Giants en 2012 et avais été plutôt déçu par le son que je trouvais un peu approximatif et le groupe un peu en mode automatique. Mais le 7 avril 2014, ouais, grosse claque, du genre de celles qui font tendre la joue droite aux adorateurs du barbu maigre en slip et couronne d’épine.


Déçu, donc ? Bah nan, pas déçu, vraiment pas. Vers 16 heures,  mon ami Éric D. nous avait donné rendez-vous devant le Splendid afin de pouvoir assister au soundcheck prévu vers 17h. Aux abords du Splendid, quelques échanges avec un Anglais gentil et drôle prénommé Ian qui aura la super attention d’accepter de me vendre le fameux single Peaches version 2014 (journée des disquaires oblige) qu’il avait acquis en double exemplaire le jour même : british class, quoi. Vers 16h, tout se précipite, Eric vient me chercher en m’expliquant que, disposant d’un peu de temps, Louie Nicastro souhaitait faire tout de suite l’interview qu’on avait prévue pour un peu plus tard… je les retrouve donc, lui et mon ami Bruno B. pour une interview de près d’une heure dans sa loge. Ça m’a fait sourire cette situation, Bruno, Éric et moi dans une loge, avec notre dictaphone, en train d’interviewer un membre de la Famylyinblack… on venait de rajeunir de vingt piges, à l’époque où le blog officiel s’appelait encore Strangulation et qu’il était en papier photocopié. Grande gentillesse et disponibilité de Louie, un mec non seulement talentueux mais aussi simple, drôle et attentif. Vers 17 heures, on descend dans la salle pour le soundcheck, le groupe arrive, visiblement détendu et heureux d’être là, ils déconnent sur scène, ça fait plaisir à voir : ils joueront La Folie et Toiler, chouette moment auquel on assistait dans notre petit fauteuil de privilégiés au milieu d’une salle vide. Je vais saluer J.J., il semble bien, souriant, on ne se croise plus maintenant que très rarement mais c’est toujours un plaisir de discuter un petit moment avec lui… comme si ça ne faisait pas déjà 20 ans, en somme. Voilà, mon cher Fred nous rejoint enfin dans la salle, et on attend le soir, devisant et déconnant, en attendant dans les murs que les premiers spectateurs nous rejoignent.


Et le concert dans tout ça ? Assez proche de celui de l’Olympe : démarrage en trombe avec Toiler (putain de choix judicieux pour un début de concert, la longue plage instrumentale permettant aux choses de s’installer). Et puis tout s’enchaine, une set list très proche de la parisienne si ce n’est Relentless qui avait pris la place de Summat Outanowt et Never To Look Back qui était passée à la trappe (dommage pour cette dernière d’ailleurs, une des meilleures de Ten à mon avis). Une ambiance dans la salle peut-être encore meilleure que celle de l’Olympia (qui n’a jamais vu les Stranglers en concert dans une salle pleine d’Anglais n’a jamais vu les Stranglers). Evidemment, il faut choisir sa place, comme pour Paris, je m’étais mêlé aux grappes de pogoteurs invétérés des premiers rangs parce que c’est là qu’il faut être, au mépris des côtes endolories : c’est drôle comme en se retournant de temps en temps et en observant le semblant de léthargie du fond de la salle, on n’a pas l’impression d’assister au même concert. Bon concert, vraiment, choix de morceaux judicieux (même si je regrette que, dans le survol de ces quarante ans, toute la partie Mark II ait été complètement shuntée – à part  le très bon Time To Die mais que JJ chantait déjà à l’origine). Merci à Stéphane pour la guest list, à Eric pour les pass qui nous ont permis de débriefer devant quelques bières après le concert. Dernière anecdote, en allant diner avec Fred dans le centre de Lille vers minuit, on a croisé Dave et Baz à la terrasse d’un café et je suis passé échanger quelques mots avec eux, adorables comme à l’accoutumée : cette scène m’a semblé assez surréaliste puisque derrière eux il y avait bien un écran (comme à Paris), mais cette fois, pas de fans tatoués diffusés de manière stroboscopique, juste la tronche de Laurent Ruquier dont l’émission était diffusée sur différents grands écrans dans le bar… un samedi soir en France, en somme.

   
Alors ouais, les changements de line-up, certaines chansons moins réussies que d’autres dans les vingt dernières années. Alors ouais, les oreilles qui sifflent, les auréoles sous les bras et les avant-bras mafflus et tatoués des anglais enthousiastes qu’on se prend dans la gueule quand ils slamment au dessus de nos têtes… mais bordel, les Stranglers en concert, ça reste quand même une putain d’expérience intense et ce groupe un putain de bon groupe.

P.S. A la relecture, je vois que j’écris souvent « putain ». Tant pis.
Christophe Ménier.

Vous pouvez également consulter les blogs suivants pour d’autres souvenirs du concert lillois :
- L’oreille à l’envers
- Lille la nuit

Photos : Antoine Lukaszewski (que nous remercions chaleureusement)

3 commentaires:

Nathalie a dit…

Putain con ! (accent agenais oblige)
il a été long à venir ce compte rendu; si je comprends bien l'auteur a été muté du sud au nord et n'a pas perdu son accent,! il n'a pas été sage !? (mdr)
c'est vrai que le son du concert paris 2012 était pourri, 2014 c'était autre chose !
moi, mon concert préféré restera celui de Bordeaux 2009 où j'ai fait la connaissance de JJ à moins que ce ne soit l'inverse ! et une putain de convention londonienne, où entourée d'un certain Fred et Éric P, je gravissais les marches comme une reine (mdr) mais tiens au fait ! on dirait qu'on a les mêmes connaissances ! on s'est croisé peut être ? ça ne m'a pas laissé le même souvenir que Fred et Éric en tous cas ... un week end plein d'anglais avec deux amis pour voir un putain de groupe jouer à domicile, fallait oser mais c'était génial !!! VIP en plus grâce à eux !

seb aka fakor a dit…

putain mon cricri, ça c'est une review comme j'aime! on s'y croirait! t'as l'air aussi enthousiaste qu'à paname et ça fait grave plaisir! boudiou, comme je regrette de pas être venu!!! merci pour ce petit moment de brutalité dans un monde de douceur ;)

stranjet jet a dit…

merci de partager ces bons moments de concerts auxquels je n'ai pas pu
participer faute de distance et d'emploi du temps, ça fait toujours plaisir de savoir que Stranglers procure encore de bonnes sensations.

merci encore
Fabien B